,,allep ap u!assap al no ‘ueuue,,

Publié le par Etienne Roba

Voici un texte de Hervé Le Tellier

(écrivain de renommée oulipienne)

"Annan, ou le destin de pierre"

 Trois suffocantes journées de chameau nous ont conduits dans la vallée d'Annan,
pays des Vents Éternels. L'air toujours en mouvement charrie des effluves de
désert et de mer, et transporte une fine poussière couleur de rouille qui
finit par imprégner chaque vêtement. Son sifflement lancinant ne s'arrête
jamais, au point d'interdire toute conversation dans la rue.

Le Manuel de la Rose des Sables raconte que si le vent devait cesser
un jour de souffler, les murs de toutes les villes d'Annan s'effondreraient.

En Annan, au jour de la première pluie de printemps, l'enfant qui va avoir dix ans dans l'année tire au hasard une pierre d'argent hors d'un sac de toile.
Sur cette pierre est gravé son devenir d'adulte. Le sort désigne aussi bien son futur métier, l'identité de son compagnon ou de sa compagne, le nombre de ses enfants que la date de sa mort. Certains destins sont heureux et doux, d'autres d'une effrayante banalité, quelques-uns enfin tumultueux et sanglants.
Mais aussi terribles soient-ils, tous les citoyens d'Annan s'y

 conforment à la lettre, sans amertume ni révolte.
Nous avons fait part à notre guide de notre étonnement. Il a souri.
- Subir le plus tragique des destins n'est rien, si l'on se sait innocent
de son propre malheur.

(Cités de mémoire - Hervé Le Tellier - 2002 Berg International)

~~~~~~

ma ch'tite con-tribution con-trainte :

pour fêter ophyciellement aujourd'hui ce 3 As 134,
le Couronnement de Lord Patchogue, MIROITIER - E.P.
(vulg. 05/11/2006)

et si vous n'y comprenez rien, merci d'avoir lu !


(À lire en position de poirier ou d'arbre fourchu devant votre écran !)

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auua!+3

(ale!puow aunp Z00Z - ha!lla+ al .H - asodxa,p shed)

.l!nap ne auaw snou au anua6u! asou6

el s!ew su!assap sap nwa snld al suoss!qns snou –

.xnah sal ass!ld l! .s!nolqa

sawwos snou : ap!n6 ne apuewap aun suouaw snou

.uo!ss!wnosu! !u al!q sues ‘suas

awaw al suap alaw h,s ueuue,p u!ewny,l ‘alqe!pua ua!q

!ssne s!ew .xnau6!es no xnalnoy su!ow np sun-sanblanb

‚apess!ledel asuaww! aasoddo,p no ‘xnop no s!e6

su!assap sas ap sun-sanblanb .uo!ss!we uos ap aauue,l

anb sasso6 sas ap assew el ‘!we uos ap no a!we

uos ap ua!l al ‘!oldwa alq!ssod uos ua!q !ssne

au6!sap u!assap al .awwoy,p auuop es alla!u allep el

.u!l ap a6e6eq un,p aa6olap snos ap allep aun eale,l

e au6!sap aanne,l suep sue x!p e !nb awow al ‚!ew ap

a!nld aun,p u!ewapual ne ‘ueuue ua .au!w!la,s ueuue

‘a6eheleq ap assed as aloa,l !s anb a!lqnd salqes sap

shl np lanuew al .!enb np a6eu!peq al ass!yeqa,nb

‘sed assed au ‘apasqo s!ll!noze6 uos .sllnd

sal aq!qw! ‘assed !nb u!n6ues uallod n6!e un auawe l!

.nea,p no alqes ap sawse!w sap assnod aassnod

ua su!ow np aua6hxo,l .sauua!loa sap shed ‘ueuue,p

seq al suep auawe snou uela,p sop e apeleq ap!los aun

 

         ,,allep ap u!assap al no ‘ueuue,,

 

 (Et pour ceux qui ne pratiquent pas le yoga ...

  retournez vote écran ! ou lisez ce qui suit !)

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"annan, ou le dessein de dalle"

 

une solide balade a dos d’elan nous amene dans le bas

d'annan, pays des eoliennes. l'oxygene du moins en

poussee pousse des miasmes de sable et d’eau.

il amene un aigu pollen sanguin qui passe, imbibe les

pulls. son gazouillis obsede, ne passe pas,

qu’ebahisse le badinage du quai. le manuel du lys

des sables publie que si l’eole se passe de balayage,

annan s’elimine. en annan, au lendemain d’une pluie

de mai, le mome qui a dix ans dans l'annee designe a

l’alea une dalle de sous delogee d'un bagage de linon.

la dalle nielle sa donne d'homme. le dessein designe

aussi bien son possible emploi, le lien de son

amie ou de son ami, la masse de ses gosses que

l’annee de son amission. quelques-uns de ses desseins

gais ou doux, ou d’opposee immense lapalissade,

quelques-uns du moins houleux ou saigneux. mais aussi

bien endiable, l’humain d'annan s'y mele dans le meme

sens, sans bile ni insoumission.

nous menons une demande au guide : nous sommes

eblouis. il plisse les yeux.

- nous subissons le plus emu des desseins mais la

gnose ingenue ne nous mene au deuil.

(pays d’expose - H. le +elliey  - Z00Z dune mondiale)

E+ienne

Publié dans ces-nains-portent-quoi

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